Ubayy ibn Ka`b (qu’Allâh l’agrée) a dit :
Après le tiers de la nuit, le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) avait pour habitude de se lever. A ces moments, il disait :
« Ô Peuple ! Rappelez vous d’Allâh ! Le rajifa (premier souffle dans la Trompette) est imminent ! Le radifa (second souffle dans la Trompette) [52] le suit de près ! La mort arrive. »
Ubayy (qu’Allâh l’agrée) dit : Yâ rasûlallâh innî ukthiru al-salâta `alayka fa kam aj`al laka min salâti « Ô Messager d’Allâh ! Je fais habituellement de nombreuses prières (salawât) sur toi. Quelle part dois-je t’en dédier ? »
Le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) répondit : « Autant que tu le souhaites. »
Ubayy (qu’Allâh l’agrée) dit : « Le quart ? »
Le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) répondit : « Autant que tu le souhaites, mais si tu en fais davantage ce sera meilleur pour toi. »
Ubayy (qu’Allâh l’agrée) a ensuite mentionné, le tiers, la moitié, les deux tiers, la réponse du Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) étant toujours : « Autant que tu le souhaites, mais si tu en fais davantage ce sera meilleur pour toi. »
Finalement Ubayy in Ka`b (qu’Allâh l’agrée) dit : Yâ rasûlallâh innî uridu an aj`ala salâti kullaha lak « Ô Messager d’Allâh ! Je te dédie la totalité de ma prière (c’est-à-dire : du`a). »
Sur ce le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) répondit : « Tu seras ainsi libéré de toute peine et tes péchés seront pardonnés. » (Dans une autre version : « Ainsi Allâh te suffira dans tes affaires de cette vie et de l’autre. »)[53]
Les Savants de l’Islam ont apporté de nombreux commentaires à cette tradition importante, parmi lesquels nous citons les suivants tirés des Fatâwa hadîthiyya du Shaykh al-Islâm Ibn Hajar al Haythamî et de l’ouvrage al-Qawl al-Badi` du Hafîdh al-Sakhawî :
(Haythamî :) Il est compris de la formulation de ce récit que le terme salât dans l’expression « Je vais te dédier ma salât » signifie du`a (invocation)… Le sens est donc : « Il y a un temps où je fais des invocations pour moi, quelle part dois-je t’en dédier ? » Si cela est clairement établi, regardons ce qu’en dit le Shaykh al-Islâm al Hafîdh ibn Hajar [al `Asqalâni] comme le rapporte de lui son disciple al Hafîdh al Sakhawî qui a particulièrement approuvé ses propos : « Ce hadith établit un important principe de la religion qui consiste à dire pour quiconque accomplit une invocation : Ô Allâh ! Accorde à notre Maître le Messager d’Allâh (sallallâhu `alayhi wa sallam) la récompense de cette adoration. » [54]
(Sakhawî) : ‘Salât’ dans ce hadith signifie ‘invocation’ (du`a) et dévotion régulière (wird), [il faut le prendre] dans le sens suivant : « Il y a un temps où je fais des invocations pour moi, quelle part dois-je te dédier ? » Le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) a considéré qu’il ne fallait pas imposer une limite sur ce sujet pour ne pas fermer la porte de la surabondance. Ainsi, il a continué à donner à Ubayy (qu’Allâh l’agrée) le choix tout en l’orientant vers un surplus d’invocations jusqu’à ce qu’Ubayy (qu’Allâh l’agrée) dise : « Je vais te dédier la totalité des mes prières. » Ce qui veut dire : je vais appeler la bénédiction en ta faveur plutôt que de demander quoique ce soit pour moi-même. Alors le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) a dit : « Ainsi tu seras libéré de tout souci. » ce qui veut dire : ne t’inquiète plus pour ta Religion ou tes besoins mondains, car invoquer la bénédiction en ma faveur inclut à la fois le rappel d’Allâh et le fait d’honorer le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) ; et le sens de cela est d’indiquer à Ubayy (qu’Allâh l’agrée) qu’il invoque en fait pour lui-même, comme le confirme les propos du Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) rapportés de la part de Son Seigneur : « Quiconque est empêché de me demander à cause de Mon rappel, Je lui accorde le meilleur de ce que J’accorde aux demandeurs. » [55] Sache donc que si la majorité de ton adoration consiste à appeler la bénédiction en faveur de ton Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam), Allâh te suffira en ce qui concerne tes affaires de cette vie et de l’autre. [56]
[52] Ce sont les remarques de Mujahîd rapportées par al Bukhârî dans son Sahîh (Riqaq ch. 43)
[53] Rapporté par Tirmidhî (Qiyama 23 – hasan sahih), Ahmâd (5 : 136, 2 : 527), Abû Dawûd (2041), al-Hakim (sahih), et al-Bazzar selon de nombreuses chaînes. Al-Dhahabî le rapporte d’après l’un de ses shaykhs, Tahir ibn `Abd Allâh al-`Ajamî, dans Mu`jam al-shuyukh : al-muj`am al-kabîr(Ta’if : maktaba al-siddiq, 1408/1988) 1 :311 (#342)
[54] Al-Haythamî, Fatawa hadithiyya p.18
[55] Rapporté par Ibn `Umar par Tabarani avec une chaîne « acceptable » bi sanadin layyin d’après Ibn Hajar dans Fath al Bari (Beyrouth, éd. 1989, 11 :161, #6345), c’est-à-dire que les récits d’un ou plusieurs narrateurs, sont retenus mais nécessitent investigation. Cf. la definition de layyin dans Muqqadimat Ibn al-Salah (p. 239 de l’éd. Egyptienne de 1974) et Al Nawawi dans son Taqrib (p. 51 de l’éd. De Beyrouth de 1987). Cependant, Ibn Hajar le considère authentique (11 : 177, #6345). Il est aussi rapporté par Bukhârî dans son Tarikh (2 :115), Abû Nu`aym dans al-Targhîb (1337), Ibn `Abd al Barr dans al-Tamhid (6 :46), et Bayhaqî dans son Shu`ab al-imân (1 :413-414 #573-574). Aussi rapporté d’après Abû Sa`id par Tirmidhî (dernier hadith de Thawâb al Qur’ân #2926, hasan ghârib) avec la formulation « Quiconque est occupé par le Qur’an et Mon rappel… »
[56] Al-Sakhawî, al Qawl al Badi`, p. 133
[Extrait de « Encyclopedia of Islamic Doctrines » du Shaykh Muhammad Hishâm al Kabbanî.]
Article complet sur le lien suivant en anglais :
http://www.sunnah.org/publication/encyclopedia/html/tawassul.htm
Hadhihi hadiyyatun bi fadili-l-lâh , yâ Rasûl Allâh sallallâhu `alayka wa sallam wa `ala alika wa ashabika ajma`în.
Par la grâce d’Allâh, ceci est un cadeau pour toi ô Messager d’Allâh.
Qu’Allâh t’accorde Sa Grâce et te salut ainsi que l’ensemble de ta famille et tes compagnons.
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